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Enquête télétravail : Plus de productivité, moins de coût ?

Vous vous sentez perdus sur la question du télétravail ? Faut-il revenir à l’avant Covid ou persister dans un mode hybride ? 

Le 6 décembre 2023, l’Observatoire du télétravail a dévoilé les résultats de l’enquête menée sur 5.400 salariés lancée en juillet 2023 par l’Union Générale des Ingénieurs, Cadres et Techniciens CGT.

« Le télétravail coûte cher aux salariés et permet aux employeurs de réaliser de fortes économies » note la secrétaire générale de l’Ugict-CGT, Caroline Blanchot.

En effet, les regards se tournent de plus en plus vers le télétravail et les médias comme le Figaro  ou Focus RH, qui se questionnent sur une éventuelle volonté des employeurs à attirer leurs collaborateurs aux bureaux et se réconcilier avec le présentiel, malgré la satisfaction de ces derniers. 

L’étude « 2023 CEO Outlook » réalisée par KPMG révèle, elle,  un scepticisme croissant des entreprises envers le télétravail. L’enquête ayant interrogé 1 300 PDG du monde entier, anticipe un retour à temps plein aux  bureaux environ dans les trois prochaines années. Cette volonté d’éloignement notable du télétravail étonne Andrew Yates, le PDG de KPMG : « j’aurais pensé que le travail hybride et flexible serait là pour rester ».

Reste que cette mesure s’avère assez complexe. En France, la majorité des cas nécessiterait une modification du contrat de travail, ce qui ne pourrait se faire qu’avec le consentement du salarié. En outre, la masse salariale reste aujourd’hui réticente à l’élimination complète du télétravail. 

En effet, selon l’enquête de la CGT, 60 % des télétravailleurs affirment être plus productifs à distance. Une affirmation dont les PDG ne semblent pas convaincus selon plusieurs études. 

Une étude menée par le MIT (Massachusetts Institute of Technology) démontre une baisse de 18% de la productivité chez les employés récemment recrutés qui sont en télétravail à temps plein. Pour justifier ce résultat, l’étude met en évidence des problèmes de communication et de coordination, ainsi qu’une détérioration des réseaux de communication.

En effet, 40% le sont parce qu’ils s’octroient moins de pauses qu’au bureau, “A la maison, c’est différent des pauses cafés de courtoisie avec le chef ou des retrouvailles entre copains qui te grignotent de ta journée” nous confie un télétravailleur. D’où la peur du risque d’isolement professionnel motivant le scepticisme des managers.

Télétravail : Voici ce qu’on en gagne…

« Si les salariés plébiscitent le télétravail, c’est parce qu’il leur permet de reprendre la main sur l’organisation de leur travail », expliquent les meneurs de l’enquête. 

Les travaux de l’observatoire ont porté sur les conséquences du télétravail et du travail hybride. Et voici les motivations du travail à distance : 

  • Un meilleur équilibre vie professionnelle/vie personnelle (82 %) ; 
  • Une meilleure concentration au travail (72 %) ; 
  • Une plus grande autonomie (41 %) ; 
  • Et un changement de cadre de vie (38 %). 

Ceci grâce à deux éléments majeurs : 

  • Temps de trajet supprimé ; 
  • Pause informels optimisées.

91% des adeptes du télétravail le justifient par le gain en temps de trajet. Pour 51 % d’entre eux, l’économie de temps varie entre une heure et une heure et demie. Le contre argument des employeurs étant la forte démotivation du salarié en raison de son éloignement du collectif de travail. Pour eux, le temps du trajet en vaut la peine. 

Ces bénéfices notés ne réduisent en rien le niveau de productivité (si on croit aux témoignages récoltés par la CGT). 

En effet, 31% des personnes interrogées par le syndicat affirment être aussi efficaces que sur site… Alors même qu’une majorité, dépassant les 60%, perçoit une augmentation de leur efficacité lorsqu’ils travaillent à distance.

A l’opposé, selon une étude réalisée en 2023 auprès de 25 pays membres de l’OCDE, le mode de management et la durée hebdomadaire du télétravail semblent influencer significativement la productivité. En fait, travailler à distance 1 à 2 jours par semaine aurait un effet bénéfique sur la productivité, qui ne baisserait que si cette période était dépassée.

Un autre point important à discuter est le droit à la déconnexion. Seuls 36 % des interrogés assurent disposer d’un droit à la déconnexion. Les employeurs semblent se détourner du droit à la déconnexion. Sous un manque de procédés réglementaires pour limiter ces dérives, Emmanuelle Lavignac, secrétaire nationale de l’Ugict-CGT dénonce « Il s’agit pourtant d’obligations légales pour les employeurs ».

Reste la dimension sociale du travail, notamment la possibilité de se rencontrer avec des collègues et de tisser ou maintenir des liens, sont les trois principaux facteurs motivant les Français à se rendre sur leur lieu de travail. Ceci est souligné par l’étude 2023 sur le travail hybride réalisée par YouGov.

« Le télétravail coûte cher aux salariés » à propos des coûts cachés non compensés

De nombreux employeurs s’abstiennent de contribuer aux coûts associées au télétravail. Selon l’enquête, 42 % des télétravailleurs rapportent que leur employeur ne compense pas les coûts liés à cette forme de travail (à l’exception des frais de restauration). 

Cette contribution (lorsqu’elle existe) est plafonnée à moins de 5 euros par jour pour 60 % des télétravailleurs. 

45% du panel disposant d’un siège ergonomique pour leur travail à domicile se le sont offert eux-mêmes, pareil pour les 31% disposant de leur propre écran pour télétravailler. 

Cependant, selon une analyse réalisée par le cabinet ConvictionsRH pour le Parisien, les frais associés au télétravail en France présentent une grande variabilité (Entre 13 et 186 euros par mois) en fonction des circonstances individuelles de chaque salarié.

De plus, l’enquête menée par l’Ugict-CGT a mis en lumière des statistiques concernant la santé des travailleurs. En effet, 31 % des répondants choisissent, en cas de maladie, de télétravailler au lieu de solliciter un congé maladie, afin d’éviter une diminution de leur revenu ou en raison d’une charge de travail excessive. 

Une mesure pensée par le gouvernement français depuis plusieurs années déjà. L’exécutif envisageait des solutions pour permettre le travail à domicile via ordinateur en cas d’incapacité physique de se rendre au bureau. Cette initiative vise à alléger la charge financière de l’Assurance Maladie, qui peine à prendre en charge les frais élevés des congés maladie de longue durée (plus de 6 mois), bien que ces cas soient rares (représentant 44% du coût total des arrêts maladie d’après RTL). Réduire les coûts associés aux arrêts maladie de courte durée est aussi un objectif prioritaire pour l’administration. 

«C’est la preuve que les employeurs se défaussent de leur responsabilité en matière de protection de la santé des salariés», pointe la secrétaire nationale de l’Ugict-CGT et condamne également la charge de travail qu’assume les télétravailleurs. 

Effectivement, une majorité des personnes interrogées (55 %) indiquent l’absence d’un système d’évaluation de leur temps de travail au sein de leur organisation, tandis que 58 % mentionnent qu’il n’existe pas de dispositif pour évaluer leur charge de travail.

Ce manque d’évaluation a accéléré la tendance à réduire les jours de télétravail dans de grandes entreprises telles qu’Amazon et Disney, où l’on encourage activement les employés à accroître leur présence physique au bureau.

Comment le travail à distance évoluera-t-il dans le temps en matière de défi de croissance d’entreprise ?

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